Federer au-dessus

Le 70e titre de Roger Federer ce week-end a clos le rendez-vous des maîtres. Le Suisse glane un sixième masters historique aux dépends de Jo-Wilfried Tsonga qui n’était pas si loin de l’exploit. Le top 3 a, lui, explosé. Retour sur la semaine londonienne.

Commençons par les bonnes surprises. David Ferrer a réalisé un beau parcours. Bourreau d’Andy Murray et Novak Djokovic pour ses deux premiers matches à l’O2 Arena, l’Espagnol aurait pu s’offrir une demi-finale plus ouverte en battant Tomas Berdych dans la Poule A. Mais, face à Federer, il n’a rien pu faire. Autre bonne surprise, Jo-Wilfried Tsonga a parfaitement mis à profit cette semaine de masters. Le Français a fait d’une qualification qui paraissait inespérée en début de saison, un parcours splendide. Tombeur de Nadal en poule, sa demi-finale remportée contre Berdych est une preuve que le Manceaux a pris une autre dimension en cette fin de saison. L’année 2012 pourrait être synonyme d’une entrée dans le top 5 mondial.

Place aux favoris maintenant. Après l’Us Open, les joueurs du « big four » ont du prendre des décisions. Novak Djokovic s’est vu contraint de prendre quelques semaines de repos pour soigner une blessure au dos, zappant la tournée asiatique. Roger Federer en a fait de même, se réservant pour la dernière ligne droite, alors que Rafael Nadal s’est envolé pour l’Asie. L’Espagnol a dû néanmoins, lui aussi, revenir au bercail pour soigner quelques douleurs à l’épaule, après s’être notamment incliné en finale à Tokyo contre Andy Murray. Ainsi, l’Écossais a été le seul à ne pas faire un véritable break et à répondre présent en Asie puis à Bercy. Des gestions de fin de saison différentes et qui ont eu des conséquences.

Novak Djokovic, après une saison extraordinaire, a repris la compétition à Bâle où son épaule droite l’a fait souffrir, comme à Bercy. Rafael Nadal, challenger numéro un du Serbe cette année, n’a repris le chemin des courts qu’à Londres. L’un comme l’autre n’ont pas pu véritablement jouer leur chance à fond dans l’O2 Arena. À bout de souffle, ils ont plus fait acte de présence qu’autre chose. L’Espagnol a difficilement battu Mardy Fish, avant de subir une humiliation par Roger Federer (6/3, 6/0) et de se faire éliminer par Tsonga. Le Serbe, quant à lui, s’est fait peur contre Berdych avant de sombrer contre Ferrer et son pote de Coupe Davis Tipsarevic. Andy Murray a, lui, seulement pu jouer son premier match, touché par une blessure à l’aine.

Restait alors Roger Federer, qui est allé tout simplement rafler son 6e titre en masters. S’il n’a pas réalisé une saison tonitruante contrairement à Djokovic ou Nadal, le Suisse est quand même arrivé au stade des demi-finales en Australie et à l’Us Open, en finale à Roland Garros et en quart à Wimbledon. Sa gestion physique et son hygiène de vie ont de quoi faire rêver. À 30 ans, il a marqué de son empreinte la fin de l’année 2011. Vainqueur à Bâle, Bercy et Londres, Roger Federer a encore battu des records cette semaine : 807 victoires, 100 finales disputées, 70 titres remportés. Bref, une légende.

Baptiste Morin

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Retour gagnant

Face à l’invité surprise, Kei Nishikori, Roger Federer n’a pas eu trop de mal à s’adjuger un titre de plus, qui plus est chez lui. Une victoire 6-1/6-3 en finale pour clore une semaine de compétition bien négociée. Cap sur Bercy maintenant. 

Il ne fait plus partie des trois meilleurs joueurs mondiaux, n’a pas gagné de tournoi majeur cette saison, et pourtant Roger Federer reste présent. Après une victoire à Doha au début de l’année, le Suisse s’impose chez lui, à Bâle, au terme d’une semaine synonyme de retour à la compétition et de préparation pour la fin de saison. Pour cela, il fallait battre Kei Nishikori, la révélation du tournoi. Le Japonais de 21 ans a épaté le public suisse. Profitant d’une wild card, il a notamment sorti Thomas Berdych, prétendant au Masters de Londres, dès le premier tour, et surtout un Novak Djokovic diminué par une douleur à l’épaule en demi-finale. Seulement voilà, si battre le numéro un mondial blessé est un exploit dans n’importe quel tournoi, il peut rester des légendes à affronter. Et Roger Federer fait partie de ceux-là. Tâche encore plus ardue quand il s’agit de battre, sur la dernière marche, le meilleur joueur de tennis de ces dernières années qui, en plus de ça, joue dans sa ville natale. Beaucoup d’éléments à prendre en compte pour un gamin de 21 ans, même prometteur. De son côté, « Fedex » avait géré sa semaine tout en tranquillité. Le parcours ne s’est corsé que sur la fin quand il a fallu jouer Andy Roddick puis l’ami Wawrinka, mais la force tranquille a encore agi. Et à force de coups du sort sur les joueurs du top 10 (Murray et Djokovic blessés), le Suisse s’est retrouvé seul favori dans une finale facile.

(source : lequipe.fr)

Nishikori contre Federer, c’est un contraste bien marqué entre un joueur auréolé d’innombrables titres et l’espoir du tennis asiatique chez les hommes. Une différence qui se sent dès l’entame de match. Le Suisse réussit très vite à lire le jeu de service du Japonais et régale dès le premier jeu avec un revers long de ligne gagnant puis un décalage pour asséner un coup droit décroisé avec cette grâce habituelle et éternelle. Le break est fait dès l’entame de match. La machine est en place, les déplacements sont précis comme à l’accoutumé. Le Japonais ne semble pas avoir de quoi nourrir même un mince espoir. Federer clôture la première manche sur un second break, la rencontre est sous son contrôle. Il démarre le second set sur la même dynamique. Les aces sont lâchés aux bons moments, mais Nishikori resserre ses jeux de service et laisse moins d’occasions à son adversaire pour se faire breaker. Le Suisse mise alors sur ses jeux de service et gratifie le public bâlois d’un jeu blanc parfait à 2-2. Il début par un ace, continue par un enchaînement service/volée, puis une volée amortie croisée, avant de finir sur un ace. Il s’agit encore de génie technique quand il prend le service de son adversaire grâce à un lob sublime. Il ne reste plus qu’à conclure et soulever le trophée, une cinquième fois chez lui.

Roger Federer peut envisager Bercy et Londres avec espoir. Il a rempli sa mission à Bâle, et bien qu’à sa portée et aidé par quelques aléas, il a répondu présent. Et si le Suisse jouait les troubles fêtes à Bercy puis au Masters de fin d’année ? On sait bien qu’il n’a pas l’habitude de finir une saison sans avoir remporté un tournoi majeur…

Baptiste Morin

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